Evénement - 2011

L’état des lieux des négociations entre UE-Turquie

     Le jeudi 6 avril 2011, le Congrès des Etudiants Turcs de Fance a eu le plaisir de convier Hélène Flautre, députée européenne Europe Écologie, qui assure notamment la présidence de la Commission parlementaire mixte UE-Turquie. C’est ainsi sur les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union qu’a porté cette rencontre-débat. La députée a souligné que celles-ci étaient à un point mort et qu’il y avait à ce sujet une lassitude surtout de la population turque.

     Selon la députée, une Turquie qui s’éloigne de l’UE risque d’être une Turquie freinée dans son élan de croissance économique. Elle a également précisé que “lorsqu’on regarde objectivement, la force régionale de la Turquie peut contribuer dans biens des domaines à l’Union européenne. Cependant, ceci provoque de la concurrence avec les pays fondateurs de l’Union tels que la France et l’Allemagne . La preuve en est que la Turquie n’a pas été invité au sommet portant sur la Libye à Paris.”.

     En réponse aux questions des étudiants sur les raisons de la “double attitude” qu’adoptent certains dirigeants européens face à la Turquie, Hélène Flautre a insisté sur l’absence d’efficacité des blocages opposés à la Turquie. Elle a ajouté que “La suspension des négociations par un unique Etat membre et non pas par le Conseil de l’Union Européenne ou de la Commission empêche la poursuite des réformes démocratiques. C’est pour cette raison que le rythme des réformes stagne. Aucune mesure “coercitive” sur la Turquie n’est efficace. L’UE ne parvient pas à respecter sa parole. Il n’est pas question d’un processus d’adhésion loyal conforme à des conditions préalablement arrêtées ”.

     A la question de la sincérité de la position de l’AKP, actuel gouvernement conservateur, Hélène Flautre a répondu la chose suivante : “Je ne pense pas que le gouvernement turc est différent des autres gouvernements de l’Union européenne. Il peut lui arriver - tout comme ceux d’autres Etats membres - d’utiliser de temps à autre les questions européennes pour des finalités politiques. Ce à quoi j’accorde plus d’importance est le ralentissement observé dans les avancées démocratiques et le respect des droits de l’homme. Les pressions sur les journalistes, les gardes à vue arbitraires de personnes ainsi que la détention en prison sans un jugement équitable sont de nature à m’inquiéter. Il m’est impossible de ne pas éprouver des inquiétudes après l’arrestation de Nedim Sener - 10 jours après que je l’ai vu - ou encore la destruction d’un livre avant sa parution”.

     Selon Flautre, les citoyens turcs veulent davantage de liberté et ce dans tous les domaines : la justice, les syndicats et les médias. Toutefois elle attire l’attention sur le blocage par Chypre de chapitres encore non ouverts, empêchant les progrès dans ces matières. Flautre s’est également penchée sur la montée des politiques d’extrême droite et xénophobe, affirmant que “Le racisme et la xénophobie en Europe a atteint un seuil de paranoïa. Je fais confiance à la Turquie pour que l’Europe puisse guérir de cette maladie”.