Evénement - 2011
Les effets de la mondialisation et les pays émergents
Nous avons accueilli Eser Karakaş, professeur d’économie à l’Université Bahçesehir d’Istanbul et professeur invité à l’IEP de Strasbourg, qui écrit aussi quotidiennement dans le journal turc Star. Une vingtaine d’étudiants étaient présents lors de cette rencontre qui a eu lieu au Centre Bernanos le 11 Mars 2011.
La mondialisation a transformé notre planète en « village planétaire » dans lequel les échanges technologiques, économiques et financiers se sont démultipliés. Selon certaines analyses en 2030 les principales économies mondiales seront, par ordre décroissant, la Chine, les Etat-Unis, l’Inde, le Japon, le Brésil, la Russie, l’Allemagne, le Mexique, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et la Turquie. Et en 2050, le pouvoir d’achat moyen d’un chinois, d’un brésilien ou d’un turc sera équivalent à celui d’un français. C’est sur la base de ces prévisions que nous avons débattu de nouveaux enjeux économiques.
L’économiste a mis en lumière l’importance d’une démocratie stable pour qu’une “puissance mondiale” puisse fonctionner, selon lui « la démocratie et l’Etat de droit précédent la croissance économique ». Il a illustré ses propos en attirant l’attention sur le fait que tout investisseur veille d’une part à ce que les conditions d’entrée et de sortie de son argent soient équivalentes dans la durée, et d’autre part, s’assure de la stabilité de l’Etat de droit. Pour qu’un Etat attire le capital mondial il faut qu’il respecte ses engagements ainsi que les principes de l’Etat de droit. et de la démocratie. Selon Karakas, les nouvelles technologies constituent la richesse des Etats-Unis, première puissance économique mondiale, et assoient ainsi la permanence de celle-ci dans le monde d’aujourd’hui et de demain. “Nous avons pu constater cette évolution à travers le basculement du pouvoir économique. Dans les années 70, Général Motors était l’entreprise la plus riche du monde alors qu’en 2010, un informaticien américain, Bill Gates prend le relais et fait partie des hommes les plus riches de la planète”, a-t-il affirmé.
Pour illustrer son argument, il a insisté sur le fait qu’il n’y aura plus de guerre d’ampleur, car les entreprises soutenant la croissance économique et garantissant la puissance des Etats-Unis sont celles produisant des nouvelles technologies. Or il convient de leur assurer des débouchés pérennes nécessitant que leur sécurité soit assurée.
Professeur Karakaş a conclu en soutenant que la globalisation a radicalement changé la face du monde, chaque pays essayant de s’imposer sur la scène internationale grâce à ses avantages comparatifs tant politiques que économiques.

