Evénement - 2011

Congrès 2011

Le monde de demain et les puissances émergentes : entre coopération et confrontation

     Le Quatrième Congrès des Etudiants Turcs de France s’est déroulé les 9 et 10 avril 2011 à l’Espace Saint-Martin de Paris. Cette année, le Congrès ayant pour thème «Le Monde de Demain et les Puissances Emergentes : entre Coopération et Confrontation», a permis d’aborder de plus près la nouvelle configuration des rapports de force à l’échelle mondiale dans un contexte de montée en puissance d’acteurs régionaux tels que le Brésil, la Russie, la Chine, l’Inde, et la Turquie. Les mutations actuelles et potentielles issues de cet « agencement » des relations internationales ont notamment été appréhendées à l’aune de la vision qu’ont les pôles traditionnels de puissance, tels que l’Europe et les Etats-Unis, concernant l’évolution de leur propre situation sur la scène mondiale.
Catherine Lalumière, ancienne Secrétaire Générale du Conseil de l’Europe, fut l’invitée d’honneur de cette nouvelle édition. Durant les deux journées de cet évènement, des personnalités expérimentées issues des sphères politique, universitaire et médiatique ont répondu aux questions des étudiants.
Cette rencontre réunissant plus de 150 étudiants provenant de filières diverses et de différentes villes a permis – ainsi que cela a été décrit brièvement – de comprendre mieux le monde actuel dans lequel nous vivons chaque instant présent et dont nous avons vocation à former une partie du futur en tant que jeunes citoyens avides de “meilleurs lendemains”. L’entreprise est vaste certes, mais la tâche n’en demeure pas pour le moins vaine. C’est dans cette continuité d’esprit que s’est inscrite cette nouvelle édition du Congrès centrée sur un concept, une tendance omniprésente voire omnipotente de ce “village planétaire” sur lequel nous cohabitons: celui de mondialisation.

     Cette année encore, le programme s’est étendu sur deux journées. La première a été interactive et riche d’échanges. Le nombre de rencontres-débats était plus réduit que celui de l’an dernier certes, mais cela a permis un approfondissement plus ample des sujets abordés, permettant à chacun d’assouvir aisément ses interrogations.
La matinée du dimanche 10 avril a été l’occasion de se rencontrer entre étudiants désireux de faire connaissance avec l’actuel Comité de direction, de faire part de leur remarque, contribution, critique, voire souhaitant prendre part aux travaux du Congrès. Tout ceci autour d’un petit déjeuner à proximité du lieu de la manifestation. Quant au reste de la journée, les participants ont disposé d’un quartier libre pour se promener dans la capitale.
L’intégralité de l’organisation de cette quatrième édition a été assumée par un comité d’organisation composé principalement d’étudiants de l’Université de Strasbourg. Les inscriptions au Congrès se sont faites sur le site www.cetfrance.com avec la seule condition d’être titulaire d’une carte d’étudiant dans un établissement d’enseignement supérieur français pour l’année 2010-2011.

     Pour les étudiants participants de l’extérieur de Paris, le Comité d’organisation a mis à disposition gratuitement deux autocars au départ de Strasbourg et de Lyon, et leur a réservé des chambres d’hôtel pour la nuit du 9 au 10 Avril. 30€ de frais d’hébergement ont été demandés à cette fin. Le Congrès s’est déroulé dans l’auditorium de l’espace Saint-Martin, un espace privé de location de salles. Le Congrès a donné lieu aussi à la performance du groupe de musique Karmanota qui nous a fait part des morceaux de leur prochain album.
La manifestation a été suivie de près par les médias turcs et français. Des articles de presse, des reportages diffusés à la radio et à la télévision ainsi que des billets sur des sites Internet ont été consacrés au Congrès.


Quelle place pour l’Europe dans la nouvelle gouvernance mondiale?

     La conférence-débat inaugurale avait pour interrogation « Quelle place pour l’Europe au sein de la gouvernance mondiale? ». En présence de Catherine Lalumière et de Fabienne Keller, il a été question principalement de la situation actuelle et du projet de l’Europe au sein de l’articulation rénovée des rapports de puissances à l’échelle mondiale à la suite de la fonte du glacier bipolaire et la remise en question de l’hégémonie étatsunienne. S’en sont suivis des échanges sur la possible contribution que peut apporter une Turquie qui mènerait à terme son processus d’adhésion. Aussi un échange en pleine proximité, qui a eu lieu entre Catherine Lalumière et l’auditorat étudiant présent dans la salle avant le début officiel de la manifestation, a permis de poser les termes du débat notamment sur cette question traditionnelle de l’adhésion.

     Cette première conférence a été l’occasion d’échanger sur le rôle de l’Union européenne dans la nouvelle configuration des rapports entre Etats et ou ensemble régionaux. Catherine Lalumière ancienne vice-présidente du Parlement européen, accompagnée de la sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller, ont ainsi évoqué les relations de l'Europe avec les pays émergents. Pour les deux intervenantes, l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne élargirait la marge d’action de cette dernière dans l’espace internationale.
L’ancienne secrétaire générale du Conseil de l’Europe a souligné que la spécificité de l'Union européenne était sa caractérisitique fondamentale de constituer un modèle de société: " L’UE est un modèle de société, fruit de son histoire. Un modèle de société qui est le résultat de ces siècles de cultures, d’expérimentations de tout genre, une société qui donne une place importante à l’économie. Nous avons réussi à amorcer le mariage entre l’humanisme et l’individualisme. C'est notre atout principal dans le reste du monde. On est plus compétitif dans le reste du monde. En matière économique, la Chine nous bat mais en matière humanitaire ce n’est pas parfait ».
Ce modèle de société est ainsi constitué, selon elle, de trois volets: un volet économique, un versant social avec un objectif de justice sociale, et une vocation humaniste. Ces éléments ont pu se fragiliser ces derniers mois en période de crise, mais pour Catherine Lalumière: “Le projet européen est toujours en construction.[...]On tend vers...”. Elle caractérise alors de “dangereux” les replis ou tentations de replis sur soi, et invite l’Europe à “prendre conscience de ce jeu là”. Fabienne Keller, ancienne député européenne et actuel sénateur du Bas-Rhin, souligna de la même manière la situation complexe d’une Europe “sur le fil du rasoir” qui, selon elle, ne doit pas basculer du “mauvais côté”: celui de “l’égoisme, de l’individualisme, de la montée des nationalismes”. Elle insista ainsi sur une redéfinition claire du projet politique de l’Europe dans une période de relative instabilité et de difficultés internes (quid du devenir de la Grèce), et cela grâce à l’alliance et à la promotion des “forces centripètes de rassemblement”, de “solidarité” et de “respect de l’autre” contre le “tout matérialisme”. C’est à cette condition que l’ “Europe doit retrouver une parole dans ce monde”. L’ancienne maire de Strasbourg cita alors pour illustrer le soutien de l’Europe aux ” mouvements dans les pays arabes vers la démocratie”, les actions de formation de “300 Tunisiens” qui sont en cours afin d’organiser les prochaines élections.

     Concernant le processus d'adhésion, Catherine Lalumière critiqua la gestion de celui-ci : “On traite la candidature de la Turquie avec une vision de court terme”. Selon elle, il faudrait prendre en compte aussi bien les éléments quantitatifs que qualitatifs, mais le critère religieux ne doit pas constituer une entrave: “Pour moi, le critère religieux est un contre-sens total. En effet, on ne peut pas le prendre en considération et ce serait très dangereux pour l’Europe car on risquerait alors de tourner le dos à l’esprit européen”.
Quant au volet économique, les intervenantes ont souligné le dynamisme économique de la Turquie et Fabienne Keller de noter : “On n’est pas bon en Europe, le taux de croissance est de 1-2% tandis qu’en Turquie, il est de 7%. La Turquie est très dynamique, elle va concurrencer nos industries mais on pourra aussi en tirer un avantage. On fait des comptes d’apothicaire entre ce que ça nous apporte et ce que ça nous coûte. Les arguments qui freinent l’entrée de la Turquie, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs ne sont pas déterminants. Je les trouve faibles par rapport au bénéfice qu’on pourrait en tirer. Personnellement, j’ai une attitude ouverte. Bienvenue à la Turquie ! Mais il faut qu’elle adhère au projet politique européen. "
Pour la sénatrice strasbourgeoise, la Turquie qui est un pays majoritairement musulman constitue un modèle de fraternité entre les religions et occupe un placement géopolitique et stratégique très important. Elle ajouta que la Turquie joue un rôle important au nom d'une stabilité politique au Moyen-Orient et que son adhésion renforcerait l'Europe: « L’adhésion de la Turquie fait redoubler le rôle de ce grand ensemble qu’est l’Europe. La question de l’adhésion de la Turquie c'est aussi la question du rôle élargi de l’Europe, une Europe plus humaniste. L’Europe doit retrouver une parole dans ce monde». Sur une question concernant la constitutionnalité de la « proposition de loi tendant à réprimer la contestation de l'existence du génocide arménien » et qui sera débattue au Sénat le 4 mai prochain, les deux femmes politiques se sont abstenues de qualifier les évènements historiques et ont insisté sur le fait que « les [ndlr : la Turquie et l’Arménie] faire réconcilier devrait être le projet européen », à l’instar de « l’amitié franco-allemande».

Les puissances émergentes peuvent-elles se permettre tout?

     Lors de la deuxième conférence, les ressorts économiques, politiques et culturelles des puissances émergentes ont été abordées avec l'ancien rédacteur en chef adjoint du journal Le Monde Diplomatique Dominique Vidal, le professeur d'économie à l'Université Bahçesehir d'Istanbul Eser Karakas et l'essayiste et physicien Jean Bricmont.

     Le journaliste Dominique Vidal, lors de son intervention qu'il a introduit par un débat sur la thèse de Fukuyama portant sur la fin de l'histoire, a insisté sur le fait que les Etats-Unis ne forme plus une hyperpuissance maitrisant le monde : "L'Inde et la Chine occupent aujourdhui une place très particulière au sein des pays émergents. Le rôle du Brésil, le retour de la Russie sont importants. Avec la participation de la Turquie et de l'Afrique du Sud au sein de ces pays, tout le système international s’en trouve ébranlé. Ces nouvelles puissances ne revendiquent pas seulement une part du gâteau mais exigent de prendre parole au sein de ce nouveau partage des pouvoirs”.
Professeur à l'IEP de Strasbourg et éditorialiste dans le quotidien turc Star gazetesi, Eser Karakas a rétorqué, quant à lui, qu'il était impossible que les Etats-Unis perdent leur place de première puissance mondiale dans les 20 prochaines années. Cela serait impossible en raison des changements survenus dans les stratégies de production. Le passsage de produits conventionnels à des produits de haute technologie aurait été un tournant important dans l'histoire de l'économie des pays dit développés (PDEM).
Professeur de physique à l'Université Catholique de Louvain, Jean Bricmont, lors de ses propos relatifs au déclin de l'Occident et de l’Europe en particulier, a livré son incompréhension sur la volonté de la Turquie d'adhérer à un bateau qui sombre. Qualifiant la place de l'Europe de “catastrophique” en raison de sa désindustrialisation, du remplacement de l'homme par la machine et en raison des délocalisations des investissements à l'extérieur, il a souligné que l'Europe est arrivé à “un stade d'insuffisance” et de “dépendance”, et c'est pourquoi la jeunesse turque devrait assurer son propre avenir. "Les Européens n'ont plus aucune leçon à donner aux Turcs. C'est pourquoi, en tant que jeunesse turque vous devez vous-même assurer votre avenir. L'Europe n'est plus un bon exemple à suivre", a-t-il prévenu.
Selon Dominique Vidal, la Turquie poursuit une des politiques les plus énergiques: « La Turquie souhaite malgré les revenus fades de l’UE à continuer les négociations. Les négociations se poursuivent très lentement. La Turquie a apaisé ses conflits tendus avec ses voisins : Syrie, Kurdes, Arménie. Le seul problème qui reste c'est Israël. Mais il est très difficile de poursuivre des relations avec un État qui a attaqué le bateau Marmara, avec l’arrogance du premier ministre. Tout cela permet à la Turquie de jouer un rôle de plus en plus important. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont une place au G20 ou encore dans les tentatives d’apaisement du conflit entre les États-Unis et l'Iran concernant le nucléaire ».

Les relations économiques internationales après la “mondialisation heureuse”

     La conférence de fermeture du Congrès des Etudiants Turcs de France a réuni trois spécialistes en économie: Deniz Akagül (maître de conférence à l'Université de Lille), Julien Vercueil (professeur d'économie à l'Université Lyon 3) et Alexandre Kateb (maître de conférence à l'IEP de Paris), qui sont intervenus sur des sujets portant sur le commerce international et la globalisation économique et financière.

     En premier lieu, l'évolution des institutions économiques et financières internationales telles que l'OMC, le FMI, la Banque mondiale ainsi que la montée en cadence des économies émergentes dans le cadre de regroupements comme les BRIC destabilisant la domination des pays industrialisés dans plusieurs enceintes ont été analysées.
Deniz Akagül a insisté sur l'importance du rôle de la puissance publique dans le développement économique et social d'un pays : "Les gains de productivité devraient être diffusés dans l'économie nationale afin d'alimenter la croissance des revenus, indispensable au développement de la demande intérieure".
Quant au professeur Verceuil, selon lui, l’enthousiasme exagéré autour des économies émergentes suscitant tant de fascination que de crainte dans les sociétés occidentales devraient être nuancées car l'Europe est toujours l'une des principales forces économiques et financières. Il affirma ainsi que les pays en forte croissance connaissent un rapide développement et que l'émergence des BRIC bouleversent la hiérarchie économique mondiale. Selon lui, “le cas de la Turquie et de la Pologne illustrent que le concept d'émergence est aussi pertinent pour l'Europe”.
Selon Alexandre Kateb, avec la Chine et les autres pays émergents, nous sommes passés d'un phénomène de grande divergence entre l'Europe et le reste du monde à l’époque de la révolution industrielle, à une grande convergence dont nous serions les contemporrains; cette “grande convergence” qui est au centre de l’analyse qu’il a menée dans son livre, paraîtra au mois de mai prochain.


Les invités

Catherine Lalumière

Femme politique française, elle est docteur en droit public et a exercé les fonctions de maître de conférences dans plusieurs universités de 1960 à 1981. Elle a été élue députée socialiste de Gironde en 1981 et a été nommée Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Economie (1981-1984) et Secrétaire d’État auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes (1984-1986). Catherine Lalumière devint par la suite Vice-présidente de la délégation pour les Communautés européennes de l’Assemblée Nationale (1988-1989). Entre les dates 1989-1994, elle a assuré la fonction de Secrétaire générale du Conseil de l'Europe . En 1994, elle a été reélue députée européenne. Elle fut Vice-présidente du Parlement européen entre 2001 et 2004. Aujourd’hui, Catherine Lalumière est présidente de la Maison de l’Europe de Paris depuis 2003.

Fabienne Keller

Ancienne élève de l'École polytechnique (X 1979) et de l'École nationale du génie rural et des eaux et des forêts. Elle a commencé sa carrière professionnelle au ministère de l'Agriculture entre 1985 et 1988, puis au ministère des Finances (direction générale du Trésor). Nommée en 1989 directrice générale du CIAL (Crédit Industriel d'Alsace Lorraine), elle devient, en 1996, directrice générale du Crédit commercial de France, qu'elle quitte en 2001, année de son élection comme maire de Strasbourg. Conseillère municipale d'opposition de Strasbourg depuis 2008, elle est Sénateur du Bas-Rhin depuis 2005. Dotée d’une expérience européenne, elle s’investit activement dans des sujets relatifs à la protection de l’environnement ou encore à l’éducation.

Julien Vercueil

Responsable de la licence professionnelle « Développement International de l’Entreprise vers les Marchés Émergents» de l'Université Lyon III, il a réalisé plusieurs recherches sur l’intégration économique des pays d’Europe centrale et orientale puis sur le phénomène des « émergents ». On peut citer, à ce sujet, les ouvrages suivants : « Les pays émergents. Brésil – Russie – Inde – Chine... mutations économiques et nouveaux défis », « De la chute du Mur à la Nouvelle Europe. Économie politique d’une métamorphose ».

Eser Karakas

Professeur d’économie à l’Université Bahçsehir d’Istanbul et professeur invité à l’IEP de Strasbourg, il écrit quotidiennement dans le journal turc Star gazetesi. Et a publié de nombreuses études sur le lien entre développement démocratique et économie mondialisée, le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Il intervient fréquemment lors de débats à la télévision turque sur les sujets de l’actualité politico-économique du pays en considération des développements observés notamment aux Etats-Unis ou dans l’UE.

Dominique Vidal

Journaliste spécialiste du Proche-Orient, il collaborait encore récemment au Monde diplomatique s’intéressant depuis de nombreuses années à la question israélo-palestinienne à laquelle il a consacré plusieurs livres seul ou en collaboration avec ses collègues Alain Griesh et Serge Halimi dont "Les 100 clés du Proche-Orient" . Il a également dirigé avec Bertand Badie la réalisation de “L’état du monde 2011. La fin du monde unique” aux éditions Boréal qui souligne la multipolarité montante de cette dernière décennie.

Deniz Akagul

Spécialiste en économie du développement, en relations économiques internationales et en étude des économies nationales (zones géographiques concernées: Moyen-Orient et Asie centrale), il est l’auteur de nombreux articles sur les relations turco-européennes et l’économie turque et co-auteur de l’ouvrage “La Turquie en mouvement” paru aux éditions Complexe. On peut citer aussi: "L'Europe avec ou sans la Turquie". Ses travaux de recherches actuels portent sur les relations entre la démocratie, la stabilité politique et le développement économique.

Alexandre Kateb

Dirigeant du cabinet de conseil et d'analyse Competence Finance, Alexandre Kateb est un expert reconnu en analyses macroéconomiques et financières, en allocation d'actifs et en gestion des risques financiers. Il consacre un enseignement à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris sur les puissances émergentes, et a publié récemment un ouvrage intitulé : “La grande convergence. Essai sur les puissances qui changent le monde”.


Jean Bricmont

Professeur ordinaire de physique théorique à l’Université Catholique de Louvain, Jean Bricmont publie par ailleurs de nombreux essais et articles ayant trait à la philosophie politique, à la liberté d’expression ou encore à propos des relations entre l’Occident et les pays émergents. Il a récemment publié avec Noam Chomsky “Raison contre pouvoir, le pari de Pascal” aux éditions L’Herne. Il a participé également à de nombreux débats notamment télévisés (Ce soir ou jamais) relatifs à ces mêmes thèmes.